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LE NAZIRÉAT

Parmi les défis qui attendent la nouvelle génération, il en est un qui semble être un appel pressant de la part du Seigneur : celui de la consécration. La vision de cette consécration s’appuie sur l’exemple des naziréens. Ce terme définit ceux qui faisaient un acte volontaire de consécration à l’Eternel. Dans leurs pensées, leurs paroles, et leurs actes, ces hommes et ces femmes choisissaient d’être ce que Paul nous exhorte à être : des sacrifices vivants, saints et agréables à Dieu (Rm 12 :1,2).

La consécration est un retour à l’adoration, c’est-à-dire à l’amour passionné de la gloire de Dieu, qui nous amène comme les naziréens, à tirer notre force en Dieu, à écouter et obéir à sa voix, à acquérir une autorité spirituelle, et à préparer le chemin du Roi des rois.

Le mot naziréen (hébreu nâzîr, de la racine nâzar =séparer) se trouve 63 fois dans l'A.T. Il désigne celui qui se sépare des autres en se consacrant par un voeu temporaire ou perpétuel. Il est aussi utilisé pour prince (Gn 49:26 ; Dt 33:16 ; Lam 4:7), (nézer = couronne) tant la consécration nous distingue des autres hommes (Ex 29 :6 ; Ps 132 :18 ; II Roi 11 :12 ; Lv 21:12). Chez les anciens Hébreux, les voeux se présentent sous la forme d'un libre contrat entre l'homme et Dieu (ex. Abraham, Jacob, etc.). Plus tard, ils sont réglementés, et les nazirs deviennent ceux qui se lient à Dieu par un voeu spécial sous la forme d’une abstinence volontaire pour une période ou pour la vie. L’abstinence concernait trois domaines : l’être intérieur, l’apparence extérieure et la pureté. (Am 2:11, Jg 13:5-7 ; 16:17 ; No 6).

 

Le naziréen, sans sortir de la société environnante, se mettait complètement au service de Dieu pour accomplir sa mission, soit comme prophète, soit comme guerrier au moyen des dispositions particulières que le Seigneur lui accordait. La consécration totale exigeait un don total. L'engagement du naziréen le privait des fêtes où vin et liqueurs coulaient avec largesse. Sa vie ne lui appartenait plus : détente, repos et festivités étaient repoussés à l'expiration de son engagement. La consécration du naziréen n'a pas pour but de comprimer la vie naturelle, comme chez les ascètes, mais au contraire, de la développer dans toute sa richesse pour la consacrer au service de Dieu.

 

Dans Lv 25:5,11, il est question d'un naziréat de la vigne non taillée durant les quatre années qui suivent la plantation, et pendant les années sabbatiques et jubilaires. On traduit ordinairement ce passage: «Tu ne vendangeras point les raisins de ta vigne non taillée... », mais le texte dit : «de ta grappe naziréenne [=consacrée]...». La sainteté de l’Israël éternel, représentée par ce symbole de la grappe qui demeure sur la vigne, appartiendra toujours au Seigneur et personne ne pourra la profaner.

 

Dans les familles pieuses, le premier enfant né (fille ou garçon) devait être nazir. Il l'était pour une période, plus ou moins longue, tant qu'il n'avait pas révoqué ce vœu. Si l'aîné refusait ou ne pouvait, le suivant prenait la relève et ainsi de suite. Ce vœu impliquait de nombreuses obligations : se vêtir de blanc, n'absorber ni vin, ni viande, ne pas porter de cuir, ne pas se couper les cheveux, rester vierge, ne pas commettre de violence en actes ou en paroles, servir au Temple etc. On peut supposer que Marie se trouvait dans cette période lorsque l’Ange vint lui parler.

La Bible nous donne des exemples d’hommes, qui ont été consacrés nazir dés leur naissance ou, ont fait des vœux de naziréat. Ils ont tous un point commun : la stérilité de leur mère (Gn 30,22 ; Jg 13,3 ; I Sam 1:20, Lc 1 :7…)! Dieu a utilisé les corps sans vie de ces femmes pour nous parler prophétiquement de sa venue en tant que Prince de la Vie et de la Résurrection.

Mais d’autres personnages bibliques, tel Joseph, étaient nazir sans être spécifiquement appelé naziréen.

 

LE NAZIREAT TEMPORAIRE.

 

Primitivement le naziréat était perpétuel; mais peu à peu il devient temporaire. Le Talmud en fixait la durée à trente jours. On trouve, dans No 6:1,21, la réglementation du naziréat temporaire. Il comportait:

 

1° L'abstinence de tout ce qui provient de la vigne«depuis les pépins jusqu'à la peau du raisin» (No 6:4). Cette prescription apparaît dans Am 2:11 comme la plus importante. La culture de la vigne est le symbole de la vie sédentaire et de ses dangers, le naziréen était donc censé revenir à la simplicité et à la pureté des mœurs patriarcales : condamnation des jouissances sensuelles en général.

 

En ne touchant pas aux produits de la vigne, les Naziréens disaient à Dieu : « Nous n’avons pas besoin de vin pour être heureux. » Ils abandonnaient volontairement le vin naturel, signe du plaisir provenant de la terre, pour la joie plus grande de l’ivresse de l’Esprit afin que leur seul plaisir ne vienne que de Dieu. Plus que cela encore, consommer les produits de la vigne représentait l’abandon d’une vie nomade, l’installation dans la sécurité de la vie sédentaire, avec la protection de fortifications contre les ennemis, l’assurance de ne pas risquer de manquer de nourriture ou d’eau…

 

Les naziréens manifestaient leur désir d’être contrôlés et protégés seulement par Dieu.

 

Si le serviteur consacré doit s'abstenir d’ alcool, c'est aussi pour garder un esprit clair.Mais désormais, cette prescription peut être étendue à tout ce que la culture moderne a développé hors de Dieu pour assouvir la dépendance grandissante des hommes à la soif de contentement, de loisir, de confort, de bien-être de sécurité…

 

2° L'obligation de laisser croître ses cheveux (No 6:5)rappelait aux naziréens que non seulement Dieu, mais aussi les hommes les regardaient. Cela les encourageait à faire attention à ce qu’ils faisaient : leur foi et leur consécration étaient rendues visibles aux yeux des hommes comme par exemple aujourd’hui dans une moindre mesure : tenir sa Bible à la main, porter un T-shirt avec un verset biblique, ou un pin’s ou un bijou manifestant sa foi chrétienne…

Les cheveux longs attestaient que leurs forces et leurs pensées étaient consacrées à Dieu. Ils étaient un symbole de puissance et d'abondante vitalité (2S 14:25-26). Raser sa chevelure était un signe de deuil et de désolation (Jr 7:29 ; Es 22:12 ; Mi 1:16).

Les cheveux croissant librement sont l'image de la plénitude de la vie naturelle qui doit être consacrée à Dieu sans que l'homme la mutile ou la déforme telle les pierres de l'autel qui ne doivent point être taillées (Ex 20 :25) ; ou les bêtes consacrées qui ne doivent point porter le joug (Nb 19:2 ; Dt 21:3).

L'interdiction liée aux cheveux rejoint le symbolisme de la vigne non taillée de l'année sabbatique. Ne pas couper les cheveux rappelle aussi le repos de la terre. De plus, comme la croissance des plantes, la croissance des cheveux est signe de fertilité. Si le produit de la terre (les récoltes) doit être abandonné au Seigneur, ainsi en sera-t-il du produit de la tête (les cheveux).

En offrant au Seigneur ses cheveux, le naziréen exprime aussi symboliquement son désir de lui consacrer ses pensées (car l'activité principale de la tête est de type cérébral). C'était s'engager à lui consacrer tout le produit de sa réflexion, à rejeter toute pensée impure et à être renouvelé dans son intelligence (Rm 12 :1-2; Ep 4 : 20-24) pour se remplir 1'esprit des pensées du Seigneur. Ce faisant, le nazir ne peut que dépasser en sagesse l'intelligence voilée des pécheurs.

3° L'abstention de tout contact avec un mort (No 6:6), car la mort est le salaire du péché, le sceau d'un monde maudit à cause de la rébellion de l'homme contre son Créateur, une malédiction et un châtiment divin sur un monde en proie au mal et non l'aboutissement normal de la vie. La mort est l’ennemie du Christ, elle sera vaincue à la fin.

Toute infraction volontaire ou non à ce précepte donnait lieu à réparation sous forme de sacrifice équivalant au renouvellement du voeu (No 6:9,12).

 

Ils devaient se garder de tout ce qui pouvaient les souillercomme à présent les chrétiens doivent se préserver de la culture de mort et de toutes les impuretés déversées par tous les médias et offertes à nos yeux et à nos oreilles. Non seulement les souillures qui proviennent de ce qui peut entrer par les yeux et les oreilles mais également de ce qui peut sortir de la bouche. Une personne devenait impure, tameh, par la calomnie, ou par un contact avec un cadavre ou encore par un accouchement, menstruations, pertes séminales etc. qui provoquait un état momentané de stérilité, d'absence de vie. Cette impureté empêchait la proximité avec D.ieu. Seule une personne pure était admise dans Sa présence, dans Son Michkan. Quelqu'un atteint de tzaraat, était exclu du camp.

La lèpre blanche, calamité épouvantable, l’un des fléaux les plus redoutés des hébreux, emblème du péché et malédiction envoyée par Dieu était attrapée notamment par ce qui sortait de la bouche : la critique, le doute, la médisance, le murmure (Nb 12 : 1-2, Jac 3 : 6, I Pi 3 : 10)…

Comme le péché, la lèpre est un mal insidieux, infiniment grave, qui commence par n'être rien qu'une toute petite tache. Elle rend impur, interrompt toute communion avec le sanctuaire et le peuple de Dieu, et produit une véritable mort civile (Lv 13:45-46).La purification du lépreux et du pécheur est la même (Lv 14:2-7 ; Lv 16:20-22).

 

4  L’acte d’offrande n’est pas dissociable du nazir. L’exemple de Paul (voir plus loin) en est une illustration. Le temps de son voeu expiré, le nazir devait offrir, devant la tente d'assignation avant l'entrée en Canaan, et plus tard au Temple, les sacrifices prescrits en Nb 6 :13-21. Après quoi le nazir reprenait sa liberté. L'offrande de fin de consécration consistait en quatre sacrifices : l’holocauste pour l’offrande de soi-même, le sacrifice d’expiation pour le péché, le sacrifice d’action de grâces, et le présent de consécration pour l’adoration.

Le mot sacrifice en hébreu qorban vient de la racine qarov qui signifie « être proche ». Le sacrifice établit un rapprochement entre Dieu et l’Homme et une réconciliation.

L’offrande de soi, la pénitence, l’action de grâce, l’adoration, plus qu’une prière, devenaient des attitudes de fond, qui chacune, se concrétisait ensuite par une offrande. Le voeu du naziréen incluait le concept du sacrifice accompli en Jésus et du prix à payer comme participation aux souffrances de Christ (Col 1 : 24). Le montant de l’offrande était déterminé : « outre ce que lui permettaient ses ressources, le nazir accomplissait ce qui était ordonné » (Nb 12 : 21).

L’holocauste(agneau sans défaut), olah signifiant élever, est l’offrande offerte pour les péchés commis en pensée et pour signifier le don de soi, il est supérieur à tous les autres, d’agréable odeur devant Dieu, et d’autre part entièrement consumé par le feu en raison de la contamination provoquée par les péchés commis en pensée qui exigent un déracinement total. L’holocauste parfait, l’agneau immolé, Jésus, a été élevé afin que nous répandions à notre tour le doux parfum de sa connaissance…

Le sacrifice d’expiationou de culpabilité (une brebis d’un an sans défaut) ou chattah visait le péché commis par les autorités ou par la communauté. Il était le correspondant du sacrifice de substitution (le bouc émissaire) de Lv 4 :22,26 où le peuple entier est concerné et l’offrande apportée est liée au degré de responsabilité de celui qui apporte l’offrande. Le naziréen expiait pour le péché de son peuple. Jésus l’accomplira pleinement en s’identifiant au pécheur.

Le sacrifice d’action de grâces(bélier sans défaut)) ou sacrifice rémunératoire en hébreu chlamim, semblable à shalom (paix) et shalem (payé) est l’expression de gratitude, il est censé apporté la paix dans le monde, c’est une réjouissance qui se célèbre dans la communion. Il est traduit aussi par sacrifice de prospérité (1 Roi 3 :15).

L’offrande(No 6 :15) est l’expression de l’adoration véritable, le min’ha ou libation est un présent de gâteaux de fleur de farine sans levain arrosés d’huile. Il symbolise la consécration, la sainteté supérieure du peuple de Dieu d’où coule l’onction. Cette part très sainte est comparée à un présent de Dieu au reste de l’humanité, elle est livrée, offerte, tel Christ, pour le salut du monde.

LE NAZIREAT PERPETUEL.

 

L'A.T. ne mentionne que deux cas de naziréat à vie: celui de Samson (Jug 13:5) et celui de Samuel (1Sa 1:11), qui furent consacrés à Dieu «dès le sein de leur mère». Le naziréat perpétuel ne comportait cependant pas le vœu de célibat, et c'est à tort que l'on a voulu y voir l'origine du monachisme. Le cas des Récabites (Jer 35) qui ne buvaient pas de vin et ne plantaient pas de vignes, vivant sous la tente, ne peut être assimilé au naziréat.

 

SAMSON :Tirer sa force de Dieu

Premier exemple de naziréen que la Bible nous donne, Samson (en hébreu, l’enfant du soleil) était consacré dès avant sa naissance à l’Eternel (Jg 13 :5). Sa consécration était signifiée par deux éléments naturels: ce qui entrait dans le corps (boisson et nourriture), ce qui sortait du corps (les cheveux qui poussent).

Sa mission était de délivrer Israël. Son imposante chevelure lui donnait une force extraordinaire, qui lui permit de déchirer un lion rugissant à mains nues ; de tuer mille hommes avec la mâchoire d'un âne (Jg 15:13-15); d’arracher, puis transporter sur ses épaules les portes massives d'une ville côtière au sommet d'une montagne située à plus de 60 kilomètres; de briser les liens les plus solides comme du fil brûlé au feu. En réalité, ne pas couper ses cheveux était l’une des prescriptions du vœu de consécration(Nb 6 :5) et surtout un signe de honte (I Co 11 :14). Il s’agissait d’un symbole extérieur de l’abandon de soi, pour ne mettre en avant que la gloire de Dieu et de l’acceptation de l’opprobre.

Mais Samson est plus qu'un paquet de muscles : il est aussi une intelligence des plus lucides. Comme un champion d'échecs qui livre simultanément plusieurs parties les yeux fermés, Samson est prêt à relever tous les défis. Sa supériorité l'assure d'avance de la victoire. Ses énigmes sont fermées à toutes les perspicacités réunies.

Quant au ministère de juge de Samson, il est lui aussi exceptionnel. Contrairement à l'opinion répandue, il n'est pas un homme charnel : aucune immoralité sexuelle, aucun égoïsme ou appât du gain, pas de mesquinerie, mais un sens profond du ministère, et un esprit sensible à la justice divine. Sa spiritualité est relevée à quatre reprises dans le livre des Juges (13 :24; 14 :6,19; 15 :14), plus que celle de tous les autres juges réunis. Le Nouveau Testament le place, lui aussi, parmi les héros de la foi (Hb 11 :32).

Et si rien ne semblait pouvoir vaincre Samson tant que sa force était en Dieu, il la perdit pourtant en abandonnant à une femme qui le séduisit, tant sa sainteté que sa chevelure (Jg 16 :4-21).

L’homme ou la femme consacré(e) tire sa force de Dieu seul. Et le diable, le séducteur, cherchera constamment à nous séparer de Dieu, en affaiblissant notre passion pour Lui et en diminuant la radicalité de notre consécration.

SAMUEL : A l’écoute de la voix de Dieu

Samuel, dont la mission fut de ramener Israël à Dieu, était également consacré à l’Eternel (1 Sm 1:21-28). Il apprit dès son jeune âge à reconnaître la voix de Dieu (1 Sm 3). Ce don lui permettra tant d’enseigner à Israël la Parole que l’Eternel lui adressait (1 Sm 4.1) que de donner l’onction sur les deux premiers rois d’Israël (1 Sm 10 :1 ; 1 Sm 16 :1-13). Le texte interprété en I Sam3,19 « Dieu ne laissait tomber à terre aucune des paroles de Samuel », indique aussi que Samuel retransmettait fidèlement toutes les Paroles du Seigneur et une autre interprétation dit que Dieu accomplissait toutes les Paroles qu’il transmettait par l’intermédiaire de Samuel !

Dieu forme parmi cette génération, des jeunes gens capables d’écouter sa voix, et de suivre ses commandements. Il est étonnant de voir combien le Seigneur recherche non pas des grands leaders, ou de grands prédicateurs, mais des Samuels obéissants, disponibles, consacrés.

Il y a une grande différence entre la vie de Samuel et celle de Samson. Le premier était très réceptif à Dieu ; il avait les yeux fixés sur l’œuvre pour laquelle il avait été appelé par Dieu, alors que le second devint indulgent envers lui-même et égocentrique. Tous les deux ont reçu un appel spécial de Dieu dès leur naissance ; l’un a développé, dès le début, une relation profonde et personnelle avec Dieu, tandis que l’autre a attendu que sa vie soit brisée pour le faire.

Aujourd’hui, certains sont comme Samuel et prennent leur consécration au sérieux. D’autres, comme Samson, prennent leur vœu à la légère. « Quel exemple suivons-nous ? » Choisirons-nous d’apprendre nos leçons de la vie de la façon facile, en cherchant la volonté de Dieu et en répondant volontairement à l’appel comme Samuel ? Ou préfèrerons-nous vivre avec l’entêtement du monde, en nous étonnant que Dieu ne nous bénit pas ?

Notre approche pour accomplir l’Œuvre de Dieu, la façon dont nous menons notre vie personnelle et notre détermination montreront quel naziréen nous avons choisi comme modèle.

 

D’AUTRES EXEMPLES :

 

JOSEPH : Pourvoir au Peuple de Dieu.

 

L’enfant de Rachel la stérile et de Jacob (Gn 30,22-23) est appelé par Dieu : « Celui qui a été mis à part –nézir-». Séparé de ses frères afin de préparer le salut en Egypte et la délivrance finale, de sa tête couleront les bénédictions qui surpasseront celles de ses ancêtres (Gn 49,26). Joseph a acquis une place d’Autorité par sa consécration (Le prince -nazir- de ses frères). Son pays recevra la prospérité et le meilleur (De 33 :13-17) car le naziréat apporte l’abondance « Ils sont les pierres d’un diadème, qui brilleront dans son pays. Oh ! Quelle prospérité pour eux ! » Za 9 :15-17 (nézer traduit par diadème = vœu de consécration). Joseph sera l’image du pourvoyeur du Peuple de Dieu.

La consécration fait de nous les héritiers du Royaume pour bénir le Peuple de Dieu.

 

JEAN-BAPTISTE : Préparer le chemin pour le Roi

Jean-Baptiste comme Samson, est consacré dés le sein de sa mère (Lc 1,15). Il est celui dont il est dit : j’enverrai mon messager devant toi (Jésus), il te préparera le chemin (Mt 11 :10 ; Mal 3 :1). Il reconnaît devant tous, Jésus comme le Fils de Dieu,et reçoit l’honneur de le baptiser, honneur dont il ne se sent pas digne  (Jn 1 :26,27) bien qu’il soit le plus grand parmi ceux qui sont nés de femmes (Mt 11 :11). Aux croyants qui sont nés de l’Esprit et à qui le royaume est promis, leur revient l’honneur de proclamer l’avènement de Jésus, le Roi des rois et de témoigner devant tous.

Le Seigneur appelle de façon claire la nouvelle génération à annoncer le retour du Messie.

Le naziréat du Baptiste a été contesté. Il y a, certes, quelque analogie dans les récits entre la naissance du Précurseur et celles de Samson ou de Samuel (Jug 13:2,24, 1Sa 1). Il est dit, dans Lc 1:15, que Jean ne boira ni vin ni cervoise et qu'il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère. Mais il n'est pas fait mention de voeu. Sa manière de vivre, son costume, font de lui une sorte d'ascète, assurément, mais pas à proprement parler un nazir. Quelques caractéristiques de Jean Baptiste suggèrent qu'il appartenait à la communauté des Esséniens. Il semble, au surplus, qu'aux environs de l'ère chrétienne le naziréat n'ait plus existé que sous la forme temporaire.

 

PAUL : le respect de l’engagement

 

D'après Ac 21:24,26, lors de son dernier voyage à Jérusalem, Paul accompagna au Temple, sur le conseil de Jacques et des anciens, quatre hommes, sans doute indigents, qui avaient fait un voeu. «Prends-les avec toi, lui dit-on, purifie-toi avec eux et pourvois à leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête.» Paul s'acquitta à cette occasion d'un voeu qu'il avait fait à Cenchrées (Ac 18:18). Il paya les frais qu'entraînait la fin du naziréat de 4 hommes. L'apôtre voulait éviter ainsi l'émeute que sa dernière visite à Jérusalem risquait de provoquer.

C'est là la dernière trace du naziréat que nous trouvons dans la Bible

 

JESUS : le parfait naziréen.

Cette onction de nazir, Jésus l’a revêtu pour intercéder pour notre salut : Il est notre modèle. Dieu attend de notre part une séparation des plaisirs du monde qui « excitent la chair » pour vivre une vie plus spirituelle, l’abandon de la gloire personnelle et le renoncement au péché. Le Seigneur lance un défi à la nouvelle génération et appelle une génération consacrée : des adorateurs passionnés pour Jésus, prêts à relever ce défi et à intercéder pour le salut de la nation.

Les naziréens sont des êtres très particuliers. [...] Dieu les suscite quand son peuple est dans une grande détresse pour avoir succombé au délabrement moral et spirituel. A maintes reprises, tout au long de l’histoire d’Israël, les naziréens ont renversé le déclin national et spirituel en cours.(Lou Engle, Déboucher les puits du réveil, Editions Menor, pp. 234-235)

Pour ceux qui éprouvent le désir de servir de façon plus effective, au moins pendant un temps, on peut concevoir le naziréat comme une forme spirituelle de protestation, de résistance individuelle et de combat contre le relâchement moral et la négligence du culte véritable en des temps où, comme à l'époque des Juges, «la Parole de Dieu était rare» (1Sa 3:1) et où chacun «faisait ce qui lui semblait bon» (Jug 21:25).

Aujourd’hui comme autrefois, Dieu recherche des jeunes naziréens qui veulent vraiment être le pivot sur lequel Il puisse s’appuyer pour ramener la nation à lui. (Lou Engle et Jim W. Goll, La révolution d’Elie, Editions Menor, p.73)

 

Au temps d'Amos, des gens pervers induisaient les naziréens à violer leur vœu, et à boire du vin (Am 2:12) Une malédiction est prononcée contre ceux qui font boire les naziréens et empêche les prophètes de prophétiser. Le parallélisme entre le naziréat et le prophétisme montre qu’une vie consacrée, séparée, est prophétique : elle annonce le Royaume au milieu du monde, « pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu sans reproche au milieu d’une génération corrompue et perverse, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde portant la parole de vie» (Ph 2 :15). Le vrai prophète mène une vie consacrée, le naziréen, par sa vie et son attitude, est prophétique. Les religieux chercheront toujours à étouffer les prophètes et à mépriser les naziréens.

Il ressort de toutes ces exigences que faire un vœu est une résolution extrêmement sérieuse devant Dieu. Il ne demande pas d'en faire un, mais la décision de prendre un tel engagement nécessite de le respecter quelles que soient les circonstances. La consécration augmente la gravité de la faute commise.

Les vœux en général et celui du naziréat en particulier peuvent être des réponses aux tragédies de l'existence : des occasions à saisir une consécration supérieure. Même si cela ne supprime pas l'épreuve traversée, un tel vœu donnera la force de la supporter.

« Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d'un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Matt 11 : 28-29).

 

 

Dominique LEULIET 
 

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